Le Canada et l’UE doivent remédier à l’approche déraisonnable adoptée par l’EUDR
OTTAWA – Alors que le Premier ministre Carney s’apprête à s’adresser au Parlement européen et à faire progresser un un partenariat renforcé entre le Canada et l’Union européenne en matière de sécurité et de commerce, l'Association des produits forestiers du Canada (APFC) exhorte le Canada et l’UE à saisir cette occasion pour s’attaquer aux obstacles commerciaux existants, notamment le règlement de l'UE sur la déforestation (EUDR), dont l’entrée en vigueur est prévue plus tard cette année.
Personne ne remet en question l’objectif de l’EUDR ; le Canada et l’UE partagent en effet un engagement en faveur du commerce durable, de la lutte contre le changement climatique et de la mise en valeur responsable des ressources naturelles. L’approche actuelle de l’EUDR ne tient toutefois pas compte des cadres rigoureux qui encadrent la foresterie au Canada, notamment la certification forestière par des tiers, le leadership autochtone dans le secteur forestier canadien et l’importance d’une gestion forestière active pour réduire les risques de feux de forêt catastrophiques.
Sous sa forme actuelle, ce règlement risque d'imposer des coûts inutiles de plusieurs dizaines de millions de dollars aux producteurs canadiens, aux propriétaires de boisés privés et aux chaînes d'approvisionnement intégrées des produits forestiers, sans générer de bénéfices réels.
Les exigences liées à la traçabilité au niveau des parcelles, aux transferts de données volumineux et au traitement des résidus forestiers créent des défis concrets pour des exportateurs à faible risque comme le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Elles entraînent également une plus grande incertitude opérationnelle pour les entreprises forestières ainsi que pour leurs employés et entrepreneurs. Des préoccupations similaires existent pour les secteurs canadiens du soja et de l’élevage bovin.
« Les relations entre le Canada et l’UE reposent depuis longtemps sur la confiance, des valeurs communes et un engagement en faveur d’un commerce fondé sur des règles, et nous avons aujourd’hui l’occasion de renforcer encore davantage ce lien », a déclaré Derek Nighbor, président-directeur général de l'APFC. « Alors que le Canada et l’Europe approfondissent leur coopération dans les domaines du commerce, de la sécurité, de l’énergie, du logement et de l’action climatique, il est essentiel que l'EUDR soit mis en œuvre d’une manière qui reconnaît l’engagement de longue date du Canada envers l’aménagement forestier durable, sa position de chef de file mondial en matière de certification forestière par des tiers et l’augmentation des risques liés aux feux de forêt. Le secteur forestier canadien appuie l’engagement de l’UE à lutter contre la déforestation mondiale et à promouvoir la durabilité, et préconise une approche fondée sur des données probantes pour atteindre cet objectif », a ajouté M. Nighbor.
L'APFC appelle les décideurs de l’UE à adopter des mesures de simplification ciblées pour les partenaires commerciaux à faible risque, notamment la reconnaissance des pays présentant un risque négligeable, des exigences simplifiées en matière de géolocalisation et de traçabilité, ainsi qu’une approche pragmatique à l’égard des résidus forestiers et des sous-produits qui font déjà partie de chaînes de valeur circulaires et durables des produits forestiers.
« Il est essentiel de bien faire les choses », a déclaré M. Nighbor. « Un EUDR applicable peut favoriser l’aménagement forestier durable, permettre un commerce fiable, soutenir l’action climatique et accélérer la mise en œuvre du programme de logement abordable. Il peut également contribuer efficacement à lutter contre la déforestation mondiale. Nous espérons voir émerger une voie plus durable pour les exportateurs canadiens, les clients européens et les milliers de familles qui dépendent de la foresterie canadienne », a-t-il ajouté.
En savoir plus
· La déforestation au Canada : principaux mythes et réalités (source : Ressources naturelles Canada)
· La proposition de l'Union européenne (UE) relative à l'EUDR passe à côté de l'essentiel
À propos de l’APFC
L'APFC représente les producteurs canadiens de bois, de pâte à papier et de papier à l’échelle nationale et internationale dans les domaines des affaires gouvernementales, commerciales et environnementales. En tant que secteur, nous avons contribué à hauteur de 19,9 milliards de dollars au PIB réel en 2025.
Le secteur canadien des produits forestiers est l’un des plus grands employeurs du pays : il génère près de 200 000 emplois directs et est présent dans des centaines de collectivités à travers le pays. Nos membres s’engagent à collaborer avec les dirigeants d’ autochtone , les instances gouvernementales et d’autres parties prenantes clés afin d’élaborer un plan d’action à l’échelle du Canada visant à améliorer la santé des forêts, tout en soutenant à long terme les travailleurs, les collectivités et notre environnement.














