Cet article a été initialement publié dans Policy Magazine : Au-delà des tarifs douaniers : une prescription politique pour renforcer l'économie forestière du Canada - Policy Magazine
Le secteur forestier canadien se trouve à un tournant décisif. Et bien que le récent programme de soutien à l'industrie du bois d'œuvre résineux mis en place par le premier ministre Mark Carney constitue une première étape bienvenue vers la stabilisation du secteur, il est possible d'en faire davantage pour mettre la foresterie canadienne sur la voie d'une croissance durable et permanente.
La foresterie canadienne a le potentiel de créer des emplois et des opportunités dans les régions rurales et nordiques du Canada, de fournir du bois local pour la construction de logements abordables et d'utiliser des pratiques de gestion forestière, notamment autochtone de brûlage dirigé, afin de réduire le risque d'incendies de forêt graves.
Mais l'incertitude persistante qui règne dans le domaine commercial, notamment l'augmentation des droits de douane sur les exportations de bois d'œuvre résineux vers les États-Unis, menace à la fois les milliers d'emplois en jeu alors que les négociations commerciales se poursuivent et la capacité du Canada à fonctionner à grande échelle.
Notre environnement commercial est instable, les droits antidumping et compensateurs sur le bois d'œuvre canadien dépassant désormais 35 %. L'enquête menée par le président Donald Trump au titre de l'article 232 sur la « sécurité nationale » concernant les importations américaines de bois d'œuvre pourrait entraîner l'imposition de droits de douane supplémentaires et s'étendre à d'autres exportations canadiennes telles que la pâte à papier et le papier, ce qui ne ferait qu'ajouter à l'incertitude inutile.
Le Canada excelle dans le domaine de la foresterie et des produits du bois — ce secteur est un élément fondamental de notre ADN économique. C'est pourquoi les exportations canadiennes de bois d'œuvre ne sont pas nouvelles en tant que cible.
Et bien que les producteurs canadiens soient confrontés à une hausse des droits de douane depuis 2017, ce sont l'industrie et les travailleurs européens, et non les producteurs américains, qui ont bénéficié de l'augmentation de la part de marché des États-Unis.
En 2017, les producteurs américains ont fourni 69 % du bois d'œuvre utilisé sur le marché intérieur, tandis que le Canada en a fourni un peu moins de 30 %. L'année dernière, les exportations canadiennes vers les États-Unis ont chuté à un peu moins de 24 %, la production américaine restant stable à 70 % et les exportations européennes comblant l'écart.
L'incertitude persistante qui règne dans le domaine commercial, notamment l'augmentation des droits de douane sur les exportations de bois d'œuvre résineux vers les États-Unis, menace à la fois les milliers d'emplois en jeu alors que les négociations commerciales se poursuivent et la capacité du Canada à fonctionner à grande échelle.
Mais alors que le Canada s'efforce de bâtir une économie nord-américaine plus forte et plus sûre, les tensions commerciales sans précédent que nous connaissons aujourd'hui vont bien au-delà des simples irritants bilatéraux conventionnels : elles constituent une menace sérieuse pour les emplois canadiens et génèrent des coûts évitables pour les consommateurs américains.
Malgré ces menaces et malgré les récents déclins, l'industrie forestière canadienne a une réelle opportunité de passer de la contraction à la croissance, grâce à la demande mondiale croissante en produits du bois et aux forêts abondantes du Canada, qui abritent plus de 8 000 arbres par personne, soit 9 % des forêts mondiales.
La foresterie reste une bouée de sauvetage pour des centaines de communautés à travers le pays, soutenant plus de 200 000 emplois directs, près de 200 000 emplois indirects supplémentaires et générant 87 milliards de dollars d'activité économique annuelle. Elle contribue également activement à autochtone , en fournissant des emplois à 11 600 autochtone dans plus de 400 communautés et en soutenant environ 1 400 entreprises autochtone qui constituent l'épine dorsale de autochtone .
Au cours des deux dernières décennies, les droits forestiers des Premières Nations ont augmenté de 135 %, couvrant désormais plus de 17 millions d'hectares, soit environ 7,5 % de la superficie forestière gérée au Canada. La plupart autochtone emploient entre 10 et 30 personnes, et bon nombre d'entre elles réalisent un chiffre d'affaires annuel supérieur à 1 million de dollars. Leur intégration des autochtone à la science forestière moderne contribue de manière significative à l'économie canadienne.
Afin non seulement de défendre les retombées socioéconomiques de nos investissements à long terme dans le secteur forestier canadien, mais aussi de garantir un avenir meilleur aux travailleurs et aux collectivités forestières du Canada, le pays doit conclure les meilleurs accords commerciaux possibles à la table des négociations entre le Canada et les États-Unis.
Parallèlement, le gouvernement fédéral doit se concentrer sur les facteurs contrôlables, notamment l'utilisation accrue de bois canadien dans les marchés publics fédéraux, l'accélération des programmes nationaux de construction de logements et l'augmentation des investissements dans l'innovation et les marchés d'exportation du secteur.
La prochaine phase de la stratégie industrielle du Canada devrait soutenir la modernisation des usines de pâte à papier et de papier vieillissantes, l'approbation de crédits d'impôt à l'investissement pour la biomasse utilisée pour le chauffage et l'électricité, la croissance de la bioéconomie forestière et la réforme des doubles emplois et des chevauchements réglementaires avec les gouvernements provinciaux.
autochtone et durabilité
autochtone et la durabilité doivent être au cœur de ces efforts. autochtone , dont beaucoup coexistent avec les forêts canadiennes et en sont les gardiens, jouent un rôle essentiel.
Les décideurs politiques devraient s'inspirer des modèles autochtone qui ont fait leurs preuves, comme celui du Meadow Lake Tribal Council (MLTC) en Saskatchewan, qui a vu ses revenus passer de 60 millions à 148 millions de dollars en quatre décennies. Les entreprises forestières du MLTC financent des projets communautaires, créent des emplois et proposent des formations dans le domaine forestier.
autochtone sont confrontés à des obstacles majeurs, notamment le recrutement de travailleurs qualifiés et l'accès au capital, qui limitent leur capacité opérationnelle. Un soutien spécifique au secteur et des programmes sur mesure sont essentiels. Les gouvernements doivent donner la priorité à autochtone dans les stratégies d'approvisionnement forestier.
De nombreuses autochtone ne disposent pas des capitaux nécessaires pour se lancer dans des projets forestiers. Les programmes fédéraux et provinciaux de garantie autochtone devraient s'adapter afin de répondre aux besoins spécifiques du secteur. Les seuils élevés excluent souvent les petits projets forestiers durables, contrairement aux investissements plus importants dans les secteurs de l'énergie et des mines.
Les entreprises autochtone peuvent jouer un rôle important dans le développement durable. Elles sont en mesure de créer des produits et des services grâce à des pratiques durables. Les progrès réalisés dans le domaine de la sylviculture apportent un soutien supplémentaire à ces initiatives.
Améliorer l'efficacité réglementaire pour l'investissement et la croissance
Plus de 90 % des terres forestières du Canada relèvent de la compétence des provinces, dont les plans de gestion tiennent compte des valeurs écosystémiques et de la participationautochtone autochtone autochtone . Cependant, l'ingérence excessive du gouvernement fédéral, notamment le chevauchement des réglementations et l'intervention dans les plans de gestion forestière approuvés par les provinces, crée de l'incertitude et entrave les investissements stratégiques. Ce contexte nuit à la productivité et à la compétitivité, en particulier à un moment où la demande mondiale de produits forestiers durables est en hausse et où les communautés canadiennes sont confrontées à des risques commerciaux sans précédent.
Le Canada doit se renforcer en adoptant un cadre réglementaire simplifié et axé sur les résultats qui tire parti des normes provinciales et réduit les chevauchements inutiles. Cette approche contribuera à protéger l'environnement, à soutenir les communautés tributaires des forêts et à renforcer la compétitivité du Canada dans l'économie mondiale.
Quatre étapes pour une réglementation plus intelligente
Le mandat du premier ministre Carney prévoit une nouvelle approche de gouvernance visant à stimuler la productivité, à éliminer les obstacles au commerce et à attirer les investissements privés. Pour y parvenir, le Canada devrait :
1. Reconnaître les normes provinciales qui satisfont ou dépassent les exigences fédérales, en élargissant les accords bilatéraux d'équivalence, en particulier pour l'habitat du poisson, les espèces en péril et la lutte contre la pollution.
2. Adopter un modèle de filet de sécurité dans lequel l'intervention fédérale n'intervient que si les normes provinciales sont insuffisantes – à l'instar du système actuel de tarification basée sur les résultats – et l'appliquer à des mécanismes tels que le Règlement sur les effluents des usines de pâtes et papiers.
3. Mettre en place un système réglementaire à guichet unique pour la déclaration et l'octroi de permis, inspiré du modèle à guichet unique de l'Ontario, afin d'éliminer les redondances et d'améliorer l'efficacité pour l'industrie et le gouvernement.
4. Élaborer un processus conjoint autochtone qui remplace les consultations fédérales et provinciales distinctes afin de réduire la confusion, la fatigue et la pression sur les capacités, tout en respectant l'obligation de consultation.
Il ne s'agit pas ici de déréglementation, mais plutôt d'une réglementation plus intelligente, une approche qui tire parti des systèmes existants, réduit les chevauchements et met l'accent sur les résultats. Elle vise à faire plus avec moins, à protéger l'environnement, à soutenir les communautés tributaires des forêts, à garantir autochtone et à renforcer la compétitivité mondiale du Canada.
Le secteur forestier canadien possède déjà l'expertise, l'infrastructure et l'engagement avéré en matière de durabilité. Ce dont il a besoin, c'est d'un cadre réglementaire qui lui permette de mieux exploiter son plein potentiel.











